Préparer son premier marathon : par où commencer
Tu veux courir 42,195 km, et chaque site te tend un plan. Mais le plan vient après : trois vérifications comptent davantage au départ, et les études sur les premiers marathoniens disent lesquelles.
L’équipe ELYO
Le coach sportif qui lit tes séances
La réponse courte
Pour un premier marathon, vérifie avant le plan ta base de course, ta santé et l'inscription. Une étude de 2013 sur des marathoniens associe moins de 30 km par semaine à un risque de blessure environ deux fois plus élevé, et celle de New York (2022) associe un semi déjà couru à moins de blessures. Le plan vient ensuite, une fois ces trois points réglés.
À retenir
- Avant de choisir un plan, vérifie trois choses : ta base de course, ta santé et l'inscription, et un objectif simple, finir.
- Courir très peu (moins de 30 km par semaine) comme courir très souvent (4 sorties ou plus) est associé à plus de blessures chez les marathoniens.
- La règle des 10 % d'augmentation par semaine n'a pas fait la preuve de son efficacité dans un essai randomisé.
- Dans un grand jeu de données de marathoniens récréatifs, 28 % des hommes et 17 % des femmes ralentissent nettement en fin de course : pars légèrement plus lentement que ton allure cible.
Un marathon, c'est 42,195 km, soit 26,2 miles dans les plans américains. Quand on tape « préparer un marathon », on tombe sur des tableaux de semaines et des pourcentages d'allure. Ces plans sont utiles, mais ils répondent à une autre question : quel plan suivre, pas par où commencer.
Pour un premier marathon, le plan arrive en quatrième position. Avant lui, il y a ta base de course, ta santé, l'inscription et un objectif réaliste. C'est dans cet ordre que les études sur les primo-marathoniens sont les plus parlantes.
Avant le plan : trois questions à te poser
Est-ce que je cours déjà régulièrement ? Plus ton corps est habitué à courir, moins le marathon le surprend. Si tu cours depuis peu, installe d'abord la régularité avant de penser aux 42 km.
Ai-je déjà couru un semi-marathon ? Dans l'étude de Toresdahl (2022) sur 720 primo-marathoniens du marathon de New York 2017, suivis pendant les 12 semaines avant la course, avoir déjà couru un semi était associé à un risque de blessure plus faible (odds ratio ajusté de 0,40). Le semi sert d'étape : il t'apprend à tenir 2 heures, à gérer ton allure et à tester ton ravitaillement.
Quel est mon objectif ? Pour une première, finir en bonne forme est un objectif complet. Le chrono viendra au deuxième marathon, avec des données de ton premier.
Enfin, choisis une course assez loin pour ne pas te précipiter. Côté durée, c'est une habitude de terrain : plus ta base est modeste, plus les coachs se donnent de mois. Avec un semi récent et une pratique régulière, tu pars de plus haut et tu peux préparer plus court.
Santé et inscription : les deux vérifications à faire tôt
Ce que tu peux retenir : si tu as des antécédents cardiaques dans la famille, des symptômes à l'effort ou plusieurs facteurs de risque, vois un médecin avant de t'inscrire. Sans rien de tout cela, tu peux démarrer ta préparation, avec l'avis d'un médecin sur ton niveau de risque, que tu ne peux pas évaluer seul.
Les chiffres sont américains : sur 10,9 millions de participants à des marathons et semi-marathons entre 2000 et 2010, 59 arrêts cardiaques ont été recensés, soit 0,54 pour 100 000 participants. L'incidence était plus élevée au marathon (1,01 pour 100 000) qu'au semi (0,27). Les auteurs concluent à un risque global faible.
Côté européen, la Société européenne de cardiologie (2020) recommande d'envisager une évaluation avant la pratique chez les personnes à probabilité plus élevée de maladie cardiovasculaire qui vont faire un effort intense, et un marathon en est un. Pour les adultes de plus de 35 ans à risque faible à modéré, elle juge possible de pratiquer les sports de loisir sans évaluation supplémentaire. Ce classement de ton risque se fait avec un médecin.
Côté inscription, lis le règlement de la course dès que tu la choisis. C'est l'organisateur qui dit quel document il exige, et les règles évoluent selon le pays. Mieux vaut le savoir en septembre qu'à une semaine du départ.
Combien de séances et de kilomètres ?
Deux études sur des marathoniens donnent des repères, sur des critères différents.
Dans l'étude de Toresdahl, les coureurs qui faisaient en moyenne moins de 4 sorties par semaine se blessaient moins que ceux qui en faisaient 4 ou plus (risque relatif de 1,36).
Ces deux résultats ne se contredisent pas : l'un parle de kilomètres, l'autre de nombre de sorties. Un volume trop faible et une fréquence très élevée sont tous deux associés à plus de blessures. Les chiffres viennent d'études d'observation ; la répartition de la semaine vient de la pratique des coachs : quelques sorties, dont une longue, et des jours de repos entre les plus dures.
Un volume dans la zone de 30 à 60 km par semaine, bâti peu à peu, colle aux études. Si tu cours 15 km par semaine aujourd'hui, ne les vise pas d'emblée : monte vers eux.
Monter en charge et allonger la sortie longue
Beaucoup de plans reposent sur la règle des 10 % : ne pas augmenter le volume de plus de 10 % d'une semaine à l'autre. Elle semble sensée, mais elle n'a pas fait la preuve de son efficacité. Dans l'essai randomisé de Buist (2008), sur 532 débutants préparant une course de 6,7 km, un programme progressif de 13 semaines fondé sur cette règle a donné 20,8 % de blessures, contre 20,3 % pour un programme standard de 8 semaines. Cet essai porte sur des débutants et une course courte, pas sur des marathoniens.
Garde donc le bon sens d'une progression par paliers, sans te fier à un pourcentage magique.
La sortie longue
Dans l'étude de New York, les sorties longues plus longues étaient associées à moins de blessures le jour de la course, sans qu'aucune étude fixe une distance à atteindre. Les coachs conseillent d'allonger la sortie longue progressivement, avec une semaine plus légère de temps en temps, et d'y tester ton allure et ton ravitaillement. Les plans américains la comptent en miles : 20 miles font environ 32 km.
Le jour J : ne pars pas trop vite
L'analyse de Smyth porte sur 1 928 813 marathoniens récréatifs. Elle repère ceux qui « tapent le mur », c'est-à-dire qui ralentissent nettement et durablement en fin de course.
L'étude ne dit pas pourquoi. Le conseil de partir légèrement plus lentement que ton allure cible est un conseil de pratique : l'enthousiasme du départ te fait croire que tu peux tenir plus vite. Calcule ton allure cible avant, pour savoir de quoi tu pars « légèrement » en dessous.
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Ce que tu peux faire dès ta première semaine
- Note ta base : nombre de sorties et kilomètres de tes quatre dernières semaines.
- Lis le règlement de la course visée et note la date limite d'inscription et le document demandé.
- Si un point de la partie santé te concerne, prends rendez-vous avec un médecin.
- Choisis ton objectif : finir, rien d'autre pour l'instant.
- Si tu n'as jamais couru de semi, place-en un dans ton calendrier avant le marathon.
Pour la première case, ELYO lit les séances de ta montre : tes sorties et tes kilomètres des quatre dernières semaines sont déjà là, avec ton allure, ta fréquence cardiaque et ta régularité. C'est de cette base qu'il adapte ensuite ton plan.
Questions fréquentes
Combien de semaines faut-il pour préparer un premier marathon ?
Adapte la durée à ta base : avec un semi déjà couru et une pratique régulière, tu pars de plus haut qu'en démarrant presque de zéro. Les coachs se donnent plus de mois quand la base est modeste.
Peut-on faire un marathon sans avoir couru de semi-marathon avant ?
C'est possible, mais l'étude de New York associe l'absence de semi à plus de blessures chez les primo-marathoniens. Un semi sert d'étape : tu y testes ton allure et ton ravitaillement sur une distance deux fois plus courte.
Faut-il courir 30 ou 32 km à l'entraînement avant le jour J ?
Les études ne donnent pas de distance à atteindre : dans celle de New York, les sorties longues plus longues étaient seulement associées à moins de blessures le jour de la course. Allonge ta sortie longue par paliers, et teste ton ravitaillement à chaque étape.
Faut-il un certificat médical ou un avis de cardiologue pour s'inscrire ?
Ça dépend de la course et du pays : le règlement de l'organisateur indique le document exigé. Pour le cœur, reporte-toi à la partie santé : antécédents familiaux, symptômes ou plusieurs facteurs de risque justifient un avis médical avant de t'inscrire.
Sources
- Toresdahl B., McElheny K., Metzl J. et al. (2022). Factors associated with injuries in first-time marathon runners from the New York City marathon. The Physician and Sportsmedicine. DOI
- Rasmussen C. H., Nielsen R. O., Juul M. S., Rasmussen S. (2013). Weekly running volume and risk of running-related injuries among marathon runners. International Journal of Sports Physical Therapy. Texte de l'étude
- Buist I., Bredeweg S. W., van Mechelen W. et al. (2008). No effect of a graded training program on the number of running-related injuries in novice runners: a randomized controlled trial. American Journal of Sports Medicine. DOI
- Smyth B. (2021). How recreational marathon runners hit the wall: a large-scale data analysis of late-race pacing collapse in the marathon. PLoS ONE. DOI
- Kim J. H., Malhotra R., Chiampas G. et al. (2012). Cardiac arrest during long-distance running races. New England Journal of Medicine. DOI
- Pelliccia A., Sharma S., Gati S. et al. (2021). 2020 ESC Guidelines on sports cardiology and exercise in patients with cardiovascular disease. European Heart Journal. DOI
Rédigé avec l'aide d'une IA.
