Hydratation en course à pied : combien boire pendant l'effort
Il fait chaud, ta sortie dure 1 h 30, et tu te demandes combien tu dois boire. Les réponses toutes faites se contredisent. Une pesée avant et après la séance te donne ton chiffre à toi.
L’équipe ELYO
Le coach sportif qui lit tes séances
La réponse courte
Il n'existe pas de volume valable pour tous. Le repère officiel (American College of Sports Medicine) est de ne pas perdre plus de 2 % de ton poids en sueur pendant l'effort, sans en gagner. Une pesée avant et après la sortie donne ton taux de sudation, qui varie de 0,26 à 5,73 L/h selon les sportifs. Sous 1 h à 90 min, boire à la soif suffit en général.
À retenir
- Le repère officiel tient en deux règles : ne pas perdre plus de 2 % de ton poids pendant l'effort, et ne pas en prendre.
- Pour une sortie courte, fraîche ou tranquille, la soif suffit. Au-delà de 90 min, par forte chaleur ou si tu transpires beaucoup, un plan testé à l'entraînement devient utile.
- Boire plus que ce que tu perds n'apporte aucun avantage et expose à l'hyponatrémie d'effort.
- Ton taux de sudation se mesure seul, avec une balance, avant et après une sortie.
Tape « combien boire en courant » et tu trouveras partout un volume fixe, à prendre toutes les 15 ou 20 minutes. Le problème : deux coureurs de même niveau ne transpirent pas pareil, et les pages ne s'accordent pas entre elles.
Les textes officiels ne donnent pas de volume universel, seulement des limites à ne pas dépasser, dans un sens comme dans l'autre. Voici comment les lire, et comment trouver ton chiffre avec une simple balance.
Ce que la sueur te coûte
Tu perds de l'eau par la sueur, en quantité très variable. Dans une analyse de 506 athlètes (sports variés, pas seulement des coureurs), le taux de sudation moyen était de 1,21 L/h.
Le repère officiel vient de l'American College of Sports Medicine (ACSM, 2007) : boire pendant l'effort sert à éviter une perte de plus de 2 % du poids du corps due au manque d'eau. Pour 70 kg, 2 % font 1,4 kg.
Selon la revue de Kenefick (2018), au-delà de cette perte, la régulation de la température est moins efficace, le cœur travaille davantage et, dans beaucoup de conditions (chaleur, effort long, intensité élevée), la performance en endurance baisse. Elle met du temps à s'accumuler.
À la soif ou selon un plan ?
Voilà le vrai débat, et il est ouvert : les deux camps sont défendus dans la littérature scientifique.
Pour le plan. Kenefick (2018) note que chez l'humain, la soif s'apaise avant la réhydratation complète. Si tu transpires beaucoup et ne bois qu'à la soif, un manque d'eau peut donc s'installer peu à peu. Il situe l'intérêt d'un plan dans les efforts de plus de 90 min, surtout par temps chaud, dans les efforts intenses à forte sudation, et quand tu veux ingérer beaucoup de glucides.
Pour la soif. Le consensus international de 2015 sur l'hyponatrémie d'effort, qui a réuni 17 experts, estime que la soif suffit à éviter une déshydratation excessive et réduit fortement le risque de trop boire, dans tous les sports. Une méta-analyse (Goulet et Hoffman, 2019) va dans le même sens : sur des performances de 1 à 2 h, en course ou en vélo, les deux stratégies donnent un effet similaire. Pourtant, les sujets buvaient en moyenne 505 mL/h à la soif contre 1 073 mL/h avec un plan.
Les deux grands textes officiels, l'ACSM (2007) et la National Athletic Trainers' Association, la NATA (2017), sont américains et se rejoignent : ne pas perdre plus de 2 % de son poids, ne pas en prendre. En pratique, la soif suffit sur moins d'1 h à 90 min par temps frais ou à allure tranquille. Au-delà, par forte chaleur ou forte sudation, ou quand la performance compte, un plan testé devient utile.
Le risque inverse : boire trop
On parle beaucoup de la déshydratation, beaucoup moins du risque contraire. Boire plus que tu ne perds ne t'apporte rien : la NATA (2017) ne voit aucun avantage physiologique ni de performance à la suhydratation.
Surtout, cela peut être dangereux. Boire en excès dilue le sodium du sang : c'est l'hyponatrémie d'effort. Kenefick conseille de ne jamais boire au point de prendre du poids pendant l'effort.
Calculer ton propre besoin avec une balance
Les études fixent le repère des 2 % et la logique du poids. La méthode de pesée ci-dessous vient de la pratique des coachs. Elle s'appuie sur la NATA, qui recommande de prendre le poids corporel comme mesure objective de l'hydratation, et sur Kenefick, qui conseille de mesurer son taux de sudation dans des conditions proches de la compétition.
- Pèse-toi avant la sortie, en tenue légère.
- Cours 1 h à l'allure que tu tiens en course, en notant ce que tu bois.
- Essuie-toi et pèse-toi à nouveau juste après, dans la même tenue.
- Ajoute le poids perdu et le volume bu.
Exemple : tu as perdu 0,8 kg et bu 0,4 L en 1 h. Ton taux de sudation est de 1,2 L/h. Ta perte nette est de 0,8 kg : sur 70 kg, c'est un peu plus de 1 % du poids, sous la limite de 2 %.
Ce que tu peux faire dès ta prochaine sortie
- Fais la pesée avant et après une sortie d'environ 1 h.
- Note la durée, la chaleur, le volume bu et le poids perdu.
- Sur une sortie courte et fraîche, bois à la soif, sans te forcer.
- Sur une sortie de plus de 90 min ou par forte chaleur, essaie un plan à l'entraînement, jamais pour la première fois en course.
- Vérifie à l'arrivée que tu n'as pas pris de poids.
ELYO lit les séances de ta montre et analyse ton allure et ta fréquence cardiaque. Tu peux comparer toi-même ces données à tes notes de pesée pour relire chaque sortie avec tes propres chiffres. Pour relier boisson et nourriture, lis aussi comment savoir si ton ravitaillement a marché.
Questions fréquentes
Faut-il boire pendant un 10 km ?
En général non, ou très peu. Pour un effort de moins d'1 h à 90 min, par temps frais ou à faible intensité, boire à la soif peut suffire (Kenefick, 2018). Bois avant de partir et récupère après.
Boire à la soif suffit-il vraiment ?
Sur des efforts de 1 à 2 h, la méta-analyse de 2019 ne trouve pas de différence de performance avec un plan. Au-delà de 90 min, par forte chaleur ou si tu transpires beaucoup, l'ACSM et Kenefick défendent un plan testé à l'entraînement.
Peut-on trop boire en courant ?
Oui. Boire plus que tu ne perds ne donne aucun avantage et peut diluer le sodium du sang (hyponatrémie d'effort). Ne bois jamais au point de prendre du poids pendant la sortie. Si tu te sens mal, parles-en à un médecin.
Combien boire après la course ?
L'ACSM conseille environ 1,5 L par kilo de poids perdu pour récupérer vite et complètement. La pesée te donne le volume à viser, à boire peu à peu.
Sources
- Sawka M. N., Burke L. M., Eichner E. R., Maughan R. J., Montain S. J., Stachenfeld N. S. (2007). Exercise and Fluid Replacement, position stand de l'American College of Sports Medicine. Medicine & Science in Sports & Exercise. DOI
- McDermott B. P., Anderson S. A., Armstrong L. E., Casa D. J., Cheuvront S. N., et al. (2017). National Athletic Trainers' Association Position Statement: Fluid Replacement for the Physically Active. Journal of Athletic Training. DOI
- Kenefick R. W. (2018). Drinking Strategies: Planned Drinking Versus Drinking to Thirst. Sports Medicine. DOI
- Goulet E. D. B., Hoffman M. D. (2019). Impact of Ad Libitum Versus Programmed Drinking on Endurance Performance: A Systematic Review with Meta-Analysis. Sports Medicine. DOI
- Hew-Butler T., Rosner M. H., Fowkes-Godek S., et al. (2015). Statement of the Third International Exercise-Associated Hyponatremia Consensus Development Conference, Carlsbad, California, 2015. Clinical Journal of Sport Medicine. DOI
- Baker L. B., et al. (2016). Normative data for regional sweat sodium concentration and whole-body sweating rate in athletes. Journal of Sports Sciences. DOI
Rédigé avec l'aide d'une IA.
